Le deuil de la consommation

Dire adieu à quelque chose qu’on a auparavant aimé, c’est devoir faire un deuil. On parle de deuil de la consommation, car il y a une notion d’attachement avec la dépendance. Avec le temps, l’attachement devient plus fort, suivi de toutes les conséquences lorsque la consommation ou le jeu viennent prendre une place signifiante dans votre vie. Votre dépendance devient tranquillement votre compagnon constant, votre mécanisme d’adaptation, votre voie d’évasion, votre priorité. Ce qui était autrefois exploratoire et amusant devient dépendant, honteux et confinant. C’est ce pourquoi se détacher de sa dépendance et lui dire adieu peut-être difficile. Ainsi, pour en faire le deuil, il faudra passer à travers les 5 stades associés à celui-ci.

Premièrement, le stade du déni consiste à ne pas vouloir admettre une dépendance. À ce stade, vous n’êtes pas disposé à reconnaître les dommages que vous causent votre dépendance. Vous pouvez faire plusieurs efforts pour minimiser ou cacher votre dépendance tant aux autres qu’à vous-même.

Ensuite, le stade de la colère émerge souvent lorsque vous réalisez enfin que vous êtes dans une relation dommageable avec votre dépendance et que vous ne la contrôlez pas. Cette colère peut être dirigée vers votre dépendance, mais aussi vers les autres (blâmer tout le monde) ou vous-même. Bien que cette colère puisse être pénible, elle peut également vous inciter à viser l’abstinence si elle est correctement maîtrisée; vous pouvez utiliser cette énergie pour créer un véritable changement.

Le stade du marchandage vise à conclure des accords et à ne pas changer de comportement. Vous comprenez que votre relation avec votre dépendance n’est pas parfaite, mais plutôt que de mettre fin à la relation, vous essayez de négocier avec vous-même pour voir si vous pouvez simplement la modifier (cela peut amener les transferts de dépendance). On entend donc des phrases comme « je peux juste prendre un verre ou deux », « Je vais juste consommer lors d’occasions spéciales », « la bière m’amène à abuser, mais peut-être que telle ou telle substance ne m’amènera pas vers là », etc.

Par la suite, le stade de la dépression fait naitre une peur de la dépendance ce qui fait que vous prenez conscience de certaines choses et vous commencez à admettre votre dépendance. À ce stade, vous comprenez parfaitement la profondeur de la dépendance. Avec cette étape vient souvent le désespoir, c’est-à-dire les remords de ce que l’on a fait ou pas fait et une prise de conscience des conséquences de notre dépendance active. Toutefois, vous pouvez également ressentir un profond deuil pour la perte de votre relation avec votre dépendance (le « plus jamais » d’où l’importance d’un 24h à la fois).

Ensuite, avec le temps vient… le stade de l’Acceptation. À ce stade, vous comprenez enfin la vraie nature de votre relation avec votre dépendance. Ainsi, vous acceptez votre impuissance face à celle-ci et vous vous éloignez de la colère, des négociations et de la dépression pour vous réconcilier avec votre passé et embrasser un avenir sans consommation. Cette étape vient avec le temps, avec le travail sur soi, etc.

Sachez que les étapes du deuil ne sont pas linéaires et que lorsqu’il est question d’un deuil, chaque personne va à son propre rythme. Un 24h à la fois, permettez-vous de vivre chacune de ces étapes. Se permettre de pleurer cette perte peut être vital pour vous honorer et fortifier votre abstinence et vous ouvrira les yeux sur les besoins à combler dans votre rétablissement.

Au besoin, tendez la main et allez chercher l’aide nécessaire pour vous en sortir. Ici, à la Maison la Margelle, nous pouvons vous aider à traverser ce deuil en vous donnant tous les outils nécessaires.


Kimberley et Maude, Intervenantes à la Maison la Margelle.


Il y a quelques temps, nous avons fait une vidéo en direct sur le même thème:


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