L’abstinence en temps de quarantaine, on s’en sort comment?

Pendant la quarantaine, un des groupes vulnérables est celui des personnes qui sont aux prises avec une dépendance (alcool, drogues, jeu, etc.) et en rétablissement, en particulier celles qui en sont dans les débuts de leur cheminement dans l’abstinence. Comme nous ne pouvons plus nous réunir et que nous nous sommes plusieurs à nous retrouver avec « trop » de temps libre, nous devons plus que jamais nous occuper l’esprit – c’est pourquoi certaines personnes se tournent vers les réunions en vidéoconférence ou vers le bon vieux téléphone pour favoriser leur rétablissement et contrer la solitude.[1]

Il peut être difficile parfois de maintenir son abstinence dans le confinement lorsque l’on voit sur les réseaux sociaux une glorification de la consommation à la maison. Le stress et l’isolement peuvent rendre une rechute plus probable pour une personne aux prises avec une dépendance, explique entre autre Jessi Gold, M.D., psychiatre et professeur adjoint à l’Université de Washington.


« Il est important de se souvenir que, peu importe ce que l’on ressent en ce moment, la majorité de nos pensées et de nos émotions ne sont pas objectives; il faut se rappeler que même si l’isolement que l’on peut vivre dans le confinement ou le stress associé à cette situation nous en fait voir de toutes les couleurs, la situation va s’améliorer si l’on continue à mettre les efforts nécessaires et de se rappeler qu’une rechute ne ferait qu’aggraver les choses, même si cela peut être tentant pour combler l’ennuie ou gérer notre angoisse associée à la quarantaine ou autres tracas de la vie. »

C’est pourquoi il est important de se servir des outils que l’on apprend en thérapie ou dans le rétablissement et de ne pas oublier qu’en tant que personne ayant une dépendance, nous sommes généralement outillée à contrer la solitude qui nous a certainement touchée dans l’actif.

  • 1. Enlevez-vous de votre tête que vous allez déranger une personne si vous l’appeler pour simplement discuter ou ventiler. Ne vous en faites pas. Restez connecté avec d’autres personnes, car normalement le conseil que l’on donne est d’aller dans des réunions pour briser l’isolement et favoriser notre rétablissement, donc tournez-vous vers le téléphone ou les réunions en ligne.

  • 2. Souvenons-nous que nous sommes bons pour vivre simplement. Pourquoi ? Parce que notre nouveau mode de vie nous a montré à nous soucier de ce qui compte réellement : ne pas consommer/jouer et prendre soin de nous pour pouvoir prendre soin des autres par la suite. Nous pouvons être doué pour nous compliquer la vie, autant que notre méthode nous apprends à rendre le tout simple, ce qui a pu nous préparer à la situation de la quarantaine ; de prendre cette situation un 24h à la fois, en se concentrant sur l’« important d’abord ».

  • 3. Nous savons tendre la main et quoi faire quand nous souffrons. Nous avons appris à parler, à nous ouvrir, à développer des connections saines avec d’autres personnes, etc. Nous avons également appris à aider et écouter les autres afin de se décentrer de nos propres problèmes. De plus, nous avons un coffre à outils remplis de stratégies pour gérer l’ennuie et se changer les idées lorsque ça ne va point. La quarantaine ne veut pas dire que nous sommes complètement démunis : nous pouvons faire des réunions en ligne, appeler un membre, aller prendre une marche dehors, etc. On revient un peu à nos premiers jours de rétablissement où l’on essayait de s’occuper au maximum : faire le ménage de notre appartement ou de notre maison, prendre un bain pour décompresser, écouter un film ou lire un livre, faire ses lectures liées aux 12 étapes, etc.

  • 4. Nous avons appris à lâcher-prise sur ce que nous ne pouvons contrôler, comme entre autre la situation dans laquelle nous sommes avec le COVID-19. Accepter la situation dans laquelle nous sommes est la clé pour ensuite s’adapter et évoluer dans notre rétablissement. Il y aura des journées difficiles, comme il y aura de belles journées ; nous allons mettre nos efforts et notre courage sur ce que l’on peut changer.

  • 5. Nous sommes des combattants et nous pouvons utiliser notre habileté à être imaginatif dans cette situation pour favoriser notre rétablissement. C’est d’ailleurs cette attitude qui a amené les membres des programmes des 12 étapes dans le monde entier à mettre les efforts pour se connecter entre eux, soit via des applications comme Zoom (lien à la fin de cet article pour une liste des réunions en ligne) ou des réunions téléphoniques pour ceux qui n’ont pas internet, au lieu de sombrer dans l’isolement.

 

Rappelez-vous que cette situation est temporaire et que nous allons en sortir plus fort si nous continuons à mettre les efforts nécessaires pour NOUS choisir et décider de cheminer dans l’abstinence, vers la sobriété.

Si tu n’as pas la chance d’avoir un réseau de membres ou un ‘meeting’ d’attache qui s’est créé une réunion virtuelle ou téléphonique, voici des liens pertinents pour t’aider :


Bon rétablissement à tous et au plaisir de vous voir bientôt dans une salle de réunion lorsque la quarantaine sera terminée.

Kimberley, Intervenante à la Maison La Margelle


[1] https://www.northcountrypublicradio.org/news/story/41018/20200331/sobriety-under-quarantine-for-many-in-person-meetings-are-essential-now-what

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